mardi 30 avril 2019

COURT MÉTRAGE DU 1er AU 7 MAI 2019

ETREINTES, de Justine VUYLSTEKER, 05,26 mns


En deux mots

Un film rare, réalisé à l'écran d'épingles pour un rendu exceptionnel !

Synopsis

Debout face à la fenêtre ouverte, une femme regarde les nuages noirs qui obscurcissent l'horizon. Immobile, elle lutte contre la remontée de ses souvenirs. Dans les nuages, un corps-à-corps passionné se dessine.

Pour aller plus loin

Au sein des techniques convoquées par le cinéma d’animation, l’écran d’épingles apparaît sans doute comme la plus noble, synonyme de délicatesse ultime et de travail titanesque pour enchaîner des formes vibrantes et d’une apparente fragilité, qui semblent se succéder en se fondant les unes dans les autres, comme dans un rêve. L’histoire de la fabrication d’Étreintes est ainsi liée à « l’Épinette », le dernier écran d’épingles construit, en 1977, par le mythique couple formé par Alexandre Alexeïeff et Claire Parker, les auteurs d’Une nuit sur le Mont chauve (1933). Cet écran a été restauré récemment par le CNC et de jeunes créateurs s’y sont confrontés à travers des résidences de quelques semaines.
Justine Vuylsteker y a trouvé le meilleur des modes d’expression pour évoquer un amour enfui et les traces qu’il a laissées dans le cœur et les sens d’une femme restée seule. Debout devant une fenêtre – motif originel qui évoque une tradition de peinture illustrée par exemple par Dali –, l’héroïne se voit replongée, contemplant un ciel empli de nuages, vers un passé aussi heureux qu’intense. Les formes des cumulus se muent en charnels corps-à-corps dont ne subsiste désormais que le souvenir. Quoi de plus profondément humain que la mélancolie ? Étreintes en précise les contours, sur les notes d’orfèvre d’une nouvelle partition pénétrante de Pierre Caillet, après Dans les eaux profondes, Une tête disparaît ou L’ogre.

Générique

Production Offshore
Musique Pierre Caillet

L'un des plus grands classsiques du 7ème art

LE TROISIEME HOMME, de Carol REED / USA 1949 / 1H40/ VO


Mardi 07/05 à 20h45, le film tout de suite)


Un écrivain vaguement alcoolique arrive tout fringant, dans la Vienne de 1948, appâté par un boulot promis par Harry Lime, ami de toujours. Or il débarque le jour même où ce pote est enterré. 
Ce point de départ mystérieux (Harry Lime est-il vraiment mort ? ) sert de prétexte à Carol Reed et à son illustre scénariste, le romancier Graham Greene, pour peindre, après Auschwitz et Hiroshima, un monde où tout est inversé. Le paradis gît désormais dans les abysses, et c'est l'enfer qui trône au ciel. Les cadrages, presque toujours penchés, la photo fantomatique et la musique d'Anton Karas, obsédante et ironique, accentuent l'épouvante de ce monde nouveau, où les morts, comme Harry Lime, font semblant de l'être, mais le sont plus qu'ils ne croient, puisque ne subsiste plus en eux la moindre parcelle d'humanité. 
Ce film (Grand prix du festival de Cannes en 1949) fut l'un des plus célèbres de son époque et donna au réalisateur anglais Carol Reed une renommée mondiale. 


Encore une séance...

GRACE A DIEU, de François Ozon, France 2019, 2h18


Dimanche 05/05 à 14h15


Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses cinq enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts, officie toujours auprès des enfants. Il se lance alors dans un combat, très vite rejoint par François et Emmanuel, également victimes du prêtre, pour  " libérer leur parole " sur ce qu'ils ont subi. 
Le film-enquête de François Ozon, en donnant chair aux victimes du Père Preynat et leurs blessures intimes, apporte une contribution sensible aux scandales des abus sexuels dans l'Eglise. 
Magnifiquement construit et interprété, ce film, récompensé d'un Ours d'argent à Berlin, est sans doute le plus abouti de son réalisateur (La Croix)

Voir également quelques commentaires sur le blog lors de diffusions précédentes. 

Vincent Lindon transporté au XVIII ème siècle...

DERNIER AMOUR, de Benoit JACQUOT, France 2019, 1h44


Vendredi 03/05 à 20h45, Samedi 04/05 à 17h45, Lundi 06/05 à 20h45


Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie amoureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil. Un souvenir douloureux lié à une femme dont il s'est épris, qui n'a jamais cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits. 
Benoit Jacquot livre dans ce film grave et profond une réflexion magistrale et complexe sur la puissance du désir.


  

TANGUY, LE RETOUR, de Etienne CHATILLEZ, France 2019, 1h27


Jeudi 02/05 à 20h45, Vendredi 03/05 à 14h30 et 18h15, Samedi 04/05 à 20h45, Dimanche 05/05 à 17h00


Seize ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Me¨Lin l'a quitté. Catastrophés de voir leur " tout-petit " dans cet état, Paul et Edith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la même corde pour se pendre. Car Tanguy Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents...
On ne présente plus Tanguy, tant ce prénom est passé dans le langage populaire. Mais c'est un plaisir de retrouver André Dussollier et Sabine Azéma aux prises avec leur progéniture. 





mardi 23 avril 2019

COURTS METRAGES DU 24 AU 30 AVRIL 2019

* COURT MÉTRAGE ADULTE : Règlement de contes, de Mathieu Ponchel et Julien Chimanade, 2,20mns 


En deux mots

Un film résolument anti-Tanguy ! 

Synopsis

C'est la crise et papa fait ses comptes. Au bout du conte, l'un de nous devra partir !

Pour aller plus loin

Présenté en 2015 au Festival du court métrage d’humour de Meudon, une véritable référence en l’espèce, Règlement de contes joue au maximum de son extrême brièveté – il a été tourné avec un appareil-photo – et la tonicité de ses dialogues met en exergue son esprit savamment insolent, presque mal élevé, même, dans son choix de mettre en scène des parents indignes !
À l’époque du règne des enfants-rois, déterminer lequel de ses rejetons sera abandonné relève en effet d’une certaine audace, politiquement incorrecte et assez délectable... Des images comme celles des parents d’Hansel et Gretel ou ceux du petit Poucet reviennent naturellement en mémoire et cela tombe bien, puisque toute une variation autour des termes “conte” et “compte”, qui résonnent pareillement à l’oreille, est suggérée. Et ce sont bien des difficultés financières qui conduisent la famille à prendre ces mesures draconiennes, impliquant un dilemme d’autant plus cornélien que chacun des gamins a plus d’un tour dans son sac pour échapper au sombre dessein ! De quoi provoquer une chute aussi inattendue qu’incisive, bien sûr, dans ce “OK Corral” pour rire.

Générique

Production Studio Lambda
Scénario Matthieu Ponchel, Julien Cheminade Musique Lou Angel Interprétation

* COURT MÉTRAGE ENFANT  : Le jour du marathon, d'Hanne Berkaak, 7,30 minutes.



En deux mots

Pas seulement un magnifique film pour les plus jeunes... Non, c'est bien plus !

Synopsis

Un grand marathon à travers les magnifiques paysages enneigés de Laponie. Mais ce n’est pas juste une course entre la ligne de départ et la ligne d’arrivée. Ce qui compte, ce n’est pas de gagner, mais de garder la tête froide.

Pour aller plus loin

D’abord il y a, dans Le jour du marathon, ces vastes décors d’étendues blanchies, mettant en valeur les personnages aux beaux aplats de couleurs sur une palette délibérément réduite (du rose, du rouge, du noir et différentes nuances de bleus), ce qui donne un cachet particulier et probant à l’esthétique générale. Ensuite, il y a, au bout de la course, un message précieux à l’attention des jeunes spectateurs : l’héroïne a beau porter l’inscription “toujours dernière”, l’essentiel n’est pas de gagner, mais réside ailleurs. La ligne d’une vie n’est pas forcément droite et directe...
Pour son premier film, Hanne Berkaak, ancienne étudiante du Royal College of Art de Londres vivant et travaillant à Oslo, s’est inspirée des paysages qui bercèrent les vacances d’été de son enfance. Elle a réussi à en perpétuer toute la magie, avec son bestiaire attachant et sa manière de flirter avec le fantastique, dans une grande tradition scandinave qui remonte jusqu’au Merveilleux voyage de Nils Holgersson.


Documentaire de NANNI MORETTI

SANTIAGO, ITALIA, de Nanni MORETTI / Italie / 2019 / 1h20


Dimanche 28/04 à 14h30, Mardi 30/04 à 20h45


C'est comme aime le répéter son auteur Nanni Moreztti : une " belle histoire italienne ". Cette histoire, c'est le rôle exemplaire de quelques jeunes diplomates de l'ambassade italienne à Santiago au Chili, durant le coup d'état mené par le général Pinochet en septembre 1973. Quelques 600 opposants, fuyant la dictature sanglante dont le président socialiste démocratiquement élu Salvador Allende sera une des premières victimes, trouvent refuge à l'ambassade, où une vie communautaire s'instaure au pied levé avant que ces hommes et ces femmes ne soient in fine accueillis par l'Italie. 
Santiago, Italia affecte une forme classique, où la parole et le témoignage qu'elle véhicule sont rois. Moretti, s'effaçant délibérément, compose son film au montage, orchestrant la progression narrative à partir de la matière recueillie auprès d'une vingtaine d'intervenants ayant vécu cet épisode au plus près, dans leur chair. (Le Monde)